Lili Boulanger est probablement ce qui pourrait se rapprocher le plus du prodige musical. Enfant précoce, elle entre au Conservatoire de Paris à seize ans et remporte le Premier Grand Prix de Rome, pour la première fois décerné à une femme, quatre ans plus tard avec sa cantate Faust et Hélène. Elle entre ainsi au Panthéon des compositeurs couronnée des lauriers de la gloire, mais cette gloire sera de courte durée pour cette jeune femme qui meurt en 1918, n’ayant pas même atteint les vingt-cinq ans. Elle laisse pourtant derrière elle une production abondante et variée, allant de la musique de chambre à la cantate. Son opéra la Princesse Maleine est pour le moment perdu, mais il nous reste bon nombre de ses œuvres achevées, notamment sa dernière, un Pie Jesu, équivalent testamentaire du Requiem de Mozart.

Si Lili Boulanger est encore mondialement connu, c’est avant tout grâce au travail de mémoire de sa grande sœur, Nadia Boulanger, qui s’est fait un devoir de maintenir l’œuvre de sa sœur en vie. Ses œuvres sont jouées en Europe, en Amérique, en Asie, mais depuis la mort de Nadia Boulanger en 1979, il revient à tout le monde de faire vivre ce matrimoine unique d’une compositrice morte bien trop jeune.


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